Soin du cuir chevelu, le point sans filtre
Un soin de confort utile, à condition de savoir ce qu'il ne soignera jamais.
Des petites particules blanches sur un pull sombre. Un cuir chevelu qui gratte dès le deuxième jour. Des racines qui regraissent alors que le shampoing date d'hier. Sur les réseaux, la réponse tombe vite, un gommage du cuir chevelu et tout rentre dans l'ordre. On vous promet parfois même des cheveux qui poussent plus vite. Le geste est tentant. Il n'est pas toujours le bon.
Bien choisi, un gommage nettoie en douceur les résidus que le shampoing laisse derrière lui. Mal choisi, il irrite une peau déjà fragile et masque une vraie pathologie. Ce guide démêle ce que l'exfoliation fait vraiment. Il dit aussi ce qu'elle ne fera jamais pour votre chute, et comment la pratiquer sans risque. On commence par le plus concret, ce qui se passe sur votre crâne quand vous frottez.
Vous vous demandez d'abord pourquoi vos cheveux tombent ?
Comprendre l'origine de votre chute
L'essentiel en 30 secondes
- Il agit en surface.Il décolle squames et résidus, sans jamais atteindre le bulbe du cheveu.
- Il ne traite pas une chute.Une alopécie se diagnostique et se soigne par d'autres moyens.
- La douceur prime.Grains fins, bout des doigts, et des séances bien espacées.
Que fait réellement un gommage du cuir chevelu ?
À retenir
- Le cuir chevelu se renouvelle comme toute peau, et ses déchets s'accumulent entre deux lavages.
- L'exfoliation reste en surface, très loin de l'endroit où naît le cheveu.
- Grains, acides ou enzymes, chaque famille a sa tolérance propre.
Le cuir chevelu est une peau. Une peau particulière, très riche en glandes sébacées et en follicules, mais une peau quand même. Comme ailleurs sur le corps, ses cellules de surface se renouvellent en permanence. Elles se détachent par petites plaques, le plus souvent invisibles à l'œil nu.
Entre deux shampoings, ces cellules mortes se mêlent au sébum, à la sueur et à la pollution. S'y ajoutent les résidus de laque, de shampoing sec, de cire ou d'huile. Le tout forme parfois un film légèrement collant à la racine. Un gommage sert à décoller ce film. Rien de plus, rien de moins.

Ce point compte pour toute la suite. Un gommage du cuir chevelu agit en surface, sur la couche cornée de l'épiderme. Il ne descend pas jusqu'au bulbe, logé plusieurs millimètres sous la peau. C'est pourtant là, dans le follicule, que se décident la pousse, l'épaisseur et la durée de vie du cheveu.
Il existe trois grandes familles de gommages. Elles n'ont ni la même action, ni la même tolérance.
Schéma
Jusqu'où agit un gommage ?
Coupe simplifiée de la peau du crâne, non à l'échelle. La zone surlignée est la seule que l'exfoliation atteint.
Mécanique, à grains
Sel, sucre, noyau ou coque d'argan décollent les squames par friction.
Douceur
Vigilance
Micro-éraflures si le grain est gros, rinçage long sur cheveux épais.
Chimique, aux acides
Acide salicylique en tête, il dissout les liens entre cellules mortes.
Douceur
Vigilance
Certaines associations relèvent de l'ordonnance.
Enzymatique
Papaïne ou bromélaïne, pour une action plus lente et plus douce.
Douceur
Vigilance
Doux ne veut pas dire anodin si l'usage est trop fréquent.
Le gommage mécanique, à grains
C'est la version la plus connue. Des particules de sel, de sucre, de poudre de noyau ou de coque d'argan sont massées sur le cuir chevelu humide. Elles frottent, décollent les squames et laissent une sensation de propre immédiate. Beaucoup apprécient aussi l'effet rafraîchissant des formules mentholées.
Leur limite tient à la forme des grains. Un grain trop gros ou trop anguleux crée des micro-éraflures, surtout si l'on frotte fort. Les particules se logent aussi dans les chevelures épaisses ou bouclées. Le rinçage devient alors long, et les résidus finissent par irriter à leur tour.
Le gommage chimique, aux acides
Ici, pas de grains. Des actifs dits kératolytiques dissolvent les liens entre les cellules mortes, qui se détachent au rinçage. L'acide salicylique est le plus étudié. Il se dissout dans le sébum, ce qui lui permet d'agir précisément là où les squames s'accrochent.
La fiche consacrée à cet actif par DermNet, une référence dermatologique, explique qu'il agit en ramollissant la kératine. Il entre dans le traitement de plusieurs affections squameuses, dont les pellicules et le psoriasis du cuir chevelu. Il est en général bien toléré, mais certaines associations, notamment avec un corticoïde, ne s'obtiennent que sur ordonnance. On croise aussi dans les soins l'acide glycolique, l'acide lactique et l'urée.
Les formules enzymatiques et les shampoings exfoliants
Certaines formules utilisent des enzymes d'origine végétale, comme la papaïne ou la bromélaïne. Leur action est plus douce et plus lente. D'autres associent une base lavante et de fines particules, dans un shampoing exfoliant à utiliser de temps en temps.
Ces options conviennent souvent mieux aux cuirs chevelus réactifs. À une condition, respecter le temps de pose et la fréquence indiqués sur l'emballage. Doux ne veut pas dire anodin quand on l'applique trop souvent.
Un gommage peut-il freiner la chute de cheveux ?
À retenir
- Aucun essai sérieux connu ne prête au gommage seul un effet sur une alopécie.
- La cause hormonale d'un éclaircissement progressif échappe à tout soin de surface.
- Un cuir chevelu en bon état aide, sans remplacer un diagnostic.
C'est la promesse qui revient le plus souvent sur les emballages et dans les vidéos. C'est aussi là qu'il faut être net. Nous n'avons trouvé aucune étude clinique solide montrant qu'un gommage, à lui seul, fait repousser des cheveux ou stoppe une alopécie.
La raison tient à la cause de la chute. Chez l'homme comme chez la femme, la forme de chute la plus fréquente est l'alopécie androgénétique, d'origine héréditaire, comme le rappelle l'Académie américaine de dermatologie. Elle repose sur une sensibilité du follicule aux hormones masculines. Le follicule s'affine cycle après cycle, puis finit par ne plus produire qu'un duvet. Aucun grain de sel, aucun acide de surface n'agit sur ce mécanisme.
Ce que la recherche suggère est plus modeste, et plus intéressant. Un cuir chevelu irrité, oxydé ou couvert de squames n'offre pas les meilleures conditions au cheveu qui pousse. Améliorer cet environnement du cuir chevelu peut réduire une partie de la chute, sans toucher à la cause hormonale.
Une étude illustre bien cette nuance. D'après l'International Journal of Cosmetic Science (Davis et al., essai contre placebo, 2021), des adultes ont suivi 24 semaines de soins antioxydants. Leur cuir chevelu était sain, mais ils se plaignaient d'un affinement de leurs cheveux. Le groupe traité perdait moins de cheveux que le groupe placebo, et son nombre total de cheveux augmentait. Deux réserves s'imposent. L'étude teste un shampoing et un soin sans rinçage antioxydants, pas un gommage. Elle a été menée par des chercheurs du fabricant des produits testés.
Source : International Journal of Cosmetic Science, via PubMed
À retenir, donc. Un gommage peut faire partie d'une routine qui garde le cuir chevelu propre et confortable. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement évalué comme le minoxidil. Nous en avons détaillé les arguments pour et contre.
Prenons un cas typique. Un homme de 29 ans achète trois gommages en deux mois. Il est persuadé que ses golfes reculent à cause de « pores bouchés ». Résultat, un cuir chevelu rouge et sensible au toucher. Ses tempes, elles, continuent de se dégarnir au même rythme. Son vrai sujet est hormonal, et relève d'une consultation chez un dermatologue plutôt que d'un quatrième pot.
Matrice qualitative
Selon la situation, qui fait vraiment le travail ?
Trois situations fréquentes, ce qui agit sur leur cause, et la place réelle du gommage. Échelle qualitative, sans valeur chiffrée.
Ce schéma est classique. Face à une chute, le soin du cuir chevelu sert souvent de premier réflexe. C'est compréhensible, c'est concret, accessible et sans ordonnance. Le risque est d'y consacrer des mois pendant que la cause réelle avance sans traitement.
Votre chute dure depuis plusieurs mois ? Voir les traitements qui ont fait leurs preuves
Pellicules, dermatite, psoriasis, quand le gommage n'est pas la réponse
À retenir
- Des squames banales ne justifient pas d'inquiétude, des plaques rouges si.
- Dermatite et psoriasis se traitent, ils ne se décapent pas.
- Quelques signes simples indiquent qu'un avis médical passe avant tout soin.
Beaucoup de gommages se vendent « contre les pellicules ». Ce n'est pas faux pour une desquamation légère. Mais toutes les squames ne se ressemblent pas. Certaines relèvent d'une vraie maladie de peau, qui demande un traitement spécifique.
Les pellicules sont extrêmement courantes, et en avoir n'a rien d'anormal. D'après Borda et Wikramanayake (Seborrheic Dermatitis and Dandruff: A Comprehensive Review, 2015), pellicules et dermatite séborrhéique toucheraient ensemble environ la moitié des adultes. La dermatite séborrhéique, sa forme inflammatoire, concernerait de 1 à 3 % de la population adulte générale. Avoir des squames est banal. Les avoir rouges, épaisses ou très prurigineuses l'est beaucoup moins.
Source : Journal of Clinical and Investigative Dermatology, via PubMed Central
Les pellicules simples
Ce sont de petites peaux blanches ou grisâtres, qui se détachent facilement et se voient sur les vêtements sombres. Le cuir chevelu dessous n'est pas franchement rouge. Un gommage doux et espacé peut aider à les décoller.
Le pilier reste pourtant un shampoing adapté. Sur son site d'information Dermato-Info, la Société Française de Dermatologie rappelle que les traitements des pellicules n'agissent que s'ils sont utilisés très régulièrement. L'Académie américaine de dermatologie cite les actifs à chercher sur l'étiquette, zinc pyrithione, acide salicylique, soufre, sulfure de sélénium, kétoconazole ou goudron. Elle conseille d'alterner deux actifs différents si le premier ne suffit pas.

La dermatite séborrhéique
Elle se reconnaît à des plaques rouges couvertes de squames grasses, blanches ou jaunâtres. Elle touche le cuir chevelu, mais aussi souvent les sourcils, les ailes du nez ou l'arrière des oreilles. L'Assurance Maladie décrit ces plaques sur les zones de peau grasse et oriente vers un shampoing spécifique. C'est une affection chronique, qui évolue par poussées.
Frotter une peau enflammée avec des grains n'apaise rien. Le traitement passe par des shampoings antifongiques, comme ceux au kétoconazole, et parfois par des anti-inflammatoires prescrits. Le Manuel MSD apporte aussi un point rassurant pour les lecteurs inquiets. La dermatite séborrhéique n'est pas responsable d'alopécie, et le shampoing doit y être fréquent, au moins deux fois par semaine.
Comparatif en cartes-critères
Trois sortes de squames, trois réponses différentes
Repères pour s'orienter. Seul un médecin pose le diagnostic.
Aspect des squames
Rougeur et zones touchées
Place du gommage
Premier réflexe
Le psoriasis du cuir chevelu
Ici, les plaques sont épaisses, bien délimitées, couvertes de squames blanc argenté. Arracher ces squames par un gommage énergique peut irriter la peau et entretenir l'inflammation.
Les traitements sont médicaux, et leur efficacité a fait l'objet de nombreux essais. D'après Cochrane (revue Traitements topiques contre le psoriasis du cuir chevelu), 59 essais et 11 561 participants ont été analysés. Les corticoïdes locaux y font disparaître les lésions plus souvent que la vitamine D seule. Ils entraînent aussi moins d'arrêts de traitement pour effets indésirables. Un kératolytique peut les accompagner pour ramollir les plaques épaisses, sur avis médical.
Source : Cochrane
Les signes qui doivent faire consulter avant tout gommage
- Des rougeurs nettes ou des plaques aux bords bien dessinés.
- Des démangeaisons qui réveillent la nuit ou poussent à se gratter jusqu'au sang.
- Des squames épaisses, collées, jaunâtres ou argentées.
- Des zones sans cheveux, ou des cheveux cassés par endroits.
- Une douleur, des croûtes, des boutons ou des pustules.
- Aucune amélioration après plusieurs semaines de shampoing adapté.
Autre scénario fréquent. Une femme gomme son cuir chevelu deux fois par semaine depuis un an, sans voir les squames diminuer. Elle pense simplement avoir un cuir chevelu « très sec ». En consultation, le dermatologue évoque un psoriasis Le gommage n'a pas tout aggravé, mais il a retardé le bon traitement de plusieurs mois.
Comment faire un gommage du cuir chevelu sans l'agresser
À retenir
- La formule se choisit selon l'état de la peau, pas selon la promesse du pot.
- Des doigts légers et un rinçage soigneux valent mieux qu'une brosse appuyée.
- Le lavage régulier fait déjà l'essentiel du nettoyage.
Si votre cuir chevelu est sain, ou simplement gras avec quelques résidus, le gommage peut trouver sa place. Tout tient alors dans trois réglages, le choix de la formule, le geste et la fréquence.
Choisir la formule selon son cuir chevelu
- Cuir chevelu gras, racines qui regraissent vite : une formule à l'acide salicylique, ou à grains très fins comme le sel fin ou la coque d'argan micronisée.
- Cuir chevelu sensible ou qui tiraille : une formule enzymatique ou un gel à l'urée, sans grains et sans parfum marqué.
- Cheveux épais, bouclés, frisés ou crépus : une formule qui se rince facilement, appliquée raie par raie. Évitez les gros grains, qui restent pris dans la chevelure.
- Cuir chevelu rouge, irrité ou qui démange : pas de gommage tant que la cause n'est pas identifiée.

Le geste, étape par étape
- Mouillez cheveux et cuir chevelu à l'eau tiède, jamais très chaude.
- Séparez la chevelure en quelques raies pour accéder directement à la peau.
- Déposez une petite quantité de produit sur la peau, pas sur les longueurs.
- Massez du bout des doigts, en petits cercles, sans les ongles, pendant une à deux minutes.
- Pour une formule aux acides, respectez strictement le temps de pose indiqué.
- Rincez abondamment, puis faites votre shampoing habituel si la notice le prévoit.
Le bout des doigts suffit largement. Les brosses à picots en silicone sont très populaires, mais elles multiplient la friction. Si vous en utilisez une, gardez une pression légère et réservez-la au shampoing, pas au gommage.
À quelle fréquence ?
Les conseils des marques vont d'une fois par semaine à une fois tous les deux mois. Nous n'avons trouvé aucune étude fixant une fréquence idéale valable pour tout le monde. Pour un cuir chevelu sain, une fois toutes les une à deux semaines reste un rythme prudent. On espace au moindre tiraillement, à la moindre rougeur.
Le lavage, lui, a été étudié de près, et il change la perspective. D'après Punyani et al. (The Impact of Shampoo Wash Frequency on Scalp and Hair Conditions, 2021), des participants asiatiques ont été suivis selon leur rythme de lavage. Sans pathologie du cuir chevelu, ils se disaient les plus satisfaits à 5 ou 6 lavages par semaine. Dans la partie contrôlée de l'étude, un lavage quotidien faisait mieux qu'un lavage hebdomadaire sur tous les critères, sans dommage objectif aux cheveux. L'étude, financée par Procter & Gamble, ne vaut pas pour toutes les chevelures. Elle rappelle surtout qu'un shampoing régulier nettoie déjà beaucoup.
Échelle graduée
Gommer, laver : deux rythmes à ne pas confondre
Pour un cuir chevelu sain. Les crans sont des repères qualitatifs, sans valeur de dosage.
Déconseillé
Pour les cheveux bouclés ou crépus, les lavages sont souvent plus espacés, et c'est normal. Sur ce type de chevelure, l'Académie américaine de dermatologie conseille de laver selon les besoins. Un éventuel shampoing antipelliculaire s'applique alors sur le cuir chevelu seulement. Le même principe vaut pour un gommage, qui doit rester sur la peau et épargner les longueurs.
Les erreurs qui transforment un bon geste en irritation
À retenir
- Le gommage ne rattrape pas une hygiène trop espacée.
- Le fait maison et les huiles pures irritent plus qu'ils ne nettoient.
- Sous traitement, l'exfoliation se discute d'abord avec un professionnel.
Le gommage ne fait pas souvent de dégâts graves. En revanche, quelques réflexes très répandus le rendent inutile, voire contre-productif. Voici ceux que nous croisons le plus.
Gommer pour compenser des lavages trop rares
Espacer les shampoings, puis « rattraper » avec un gommage, fonctionne mal. Le sébum qui stagne plusieurs jours s'oxyde et irrite la peau. Le gommage enlève les squames visibles, mais le terrain reste le même. Un shampoing doux plus fréquent est souvent plus efficace, et moins agressif.
Imaginons une personne qui hésite entre un gommage et un shampoing antipelliculaire. Elle ne lave ses cheveux qu'une fois par semaine, pour « ne pas les abîmer ». Elle compte sur un gommage mensuel pour tout remettre à plat. Dans ce cas, revenir à deux ou trois lavages doux par semaine est souvent le premier levier. Le gommage devient alors presque superflu.
Si votre préoccupation est d'abord une chevelure qui s'affine, le bon produit de lavage compte davantage que l'exfoliant. Notre bilan des shampoings anti-chute fait la part entre ce qui relève de l'hygiène et ce qui relève du marketing.
Les recettes maison trop abrasives
Marc de café, gros sel, sucre cristallisé, bicarbonate pur. Ces ingrédients sont bon marché et circulent dans toutes les recettes en ligne. Leur défaut tient à la taille et à l'angle des grains, ou au caractère alcalin du bicarbonate, éloigné du pH légèrement acide de la peau.
Sur une peau fine et très irriguée, ils frottent fort pour un bénéfice faible. Le marc de café laisse en plus des résidus tenaces dans une chevelure dense. Si vous tenez au fait maison, choisissez un grain très fin, un support huileux ou une base lavante, et une pression légère.

Les huiles essentielles pures et les mélanges improvisés
Romarin, arbre à thé, menthe poivrée. Ces huiles essentielles sont à la mode dans les gommages maison. Pures ou mal diluées, elles peuvent irriter la peau ou provoquer une allergie de contact. Certaines sont déconseillées pendant la grossesse et chez l'enfant.
Une formule cosmétique testée reste plus prévisible qu'un mélange de cuisine. Même logique pour les huiles végétales appliquées après le gommage, dont les promesses dépassent souvent les preuves. Notre analyse de l'huile de ricin pour les cheveux en donne un bon exemple.
Le piège, le bon réflexe
Quatre réflexes à corriger
Ce que l'on fait souvent, et ce qui fonctionne mieux à la place.
Gommer un cuir chevelu déjà sous traitement
Si vous appliquez du minoxidil, un traitement contre le psoriasis ou un shampoing médicamenteux, le gommage n'est pas un geste neutre. Une couche cornée amincie peut rendre la peau plus réactive aux produits appliqués ensuite. La tolérance du traitement peut s'en trouver modifiée.
Avant d'ajouter un exfoliant à votre routine, demandez l'avis du médecin ou du pharmacien qui vous suit. La question prend deux minutes, et elle évite des semaines d'irritation.
Gommage et greffe de cheveux, à quel moment ?
À retenir
- Avant l'intervention, on vise une peau calme, pas une peau décapée.
- Sur la zone implantée, aucune friction tant que la cicatrisation n'est pas acquise.
- La reprise d'un exfoliant se décide avec l'équipe médicale.
Une greffe capillaire change complètement la donne. Pendant les semaines qui suivent l'intervention, le cuir chevelu cicatrise et les greffons s'ancrent dans la peau. Toute friction sur la zone implantée est alors à proscrire.
Avant l'intervention
Avant une greffe, l'objectif est d'arriver avec une peau calme, sans irritation ni pellicules actives. Un gommage agressif dans les jours qui précèdent va à l'encontre de cet objectif. Les consignes viennent du médecin qui pratique l'intervention. Il peut, par exemple, demander de traiter une dermatite séborrhéique au préalable.
Notre guide sur la façon de préparer son cuir chevelu avant une greffe détaille ces semaines de préparation, du tabac aux produits à suspendre.
Frise
Avant, pendant la cicatrisation, puis la reprise
Le calendrier exact dépend de votre intervention. Sous chaque étape, une question à poser à l'équipe qui vous suit.
Après l'intervention
Les petites croûtes qui se forment sur la zone receveuse tombent d'elles-mêmes, au fil des lavages doux prescrits par l'équipe médicale. On ne les gratte pas, on ne les gomme pas. La reprise d'un exfoliant, même doux, se décide uniquement avec le praticien qui vous suit, une fois la cicatrisation confirmée.
Une question revient souvent après une greffe. « Je peux gommer pour faire partir les croûtes plus vite ? » La réponse est non. Arracher une croûte trop tôt peut emporter le greffon placé dessous. Patience et lavages doux font le travail, sans risque pour le résultat.
Vos questions les plus fréquentes sur le gommage du cuir chevelu
Une question qui n'est pas ici ?
Chaque cuir chevelu est différent. Seul un examen par un médecin permet de répondre à une situation précise.
Peut-on faire un gommage du cuir chevelu tous les jours ?
Non. Un gommage quotidien retire la couche cornée plus vite qu'elle ne se reconstitue. La peau peut alors devenir plus réactive et tirailler. Pour l'entretien de tous les jours, c'est le shampoing doux qui fait le travail. Le gommage reste un soin ponctuel, à espacer d'au moins une semaine. Si vous ressentez le besoin de gommer très souvent, c'est plutôt le signe d'un problème de fond à faire examiner.
Faut-il faire le gommage avant ou après le shampoing ?
La plupart des gommages s'appliquent avant le shampoing, sur cuir chevelu mouillé. Le gommage décolle les squames et les résidus, le shampoing les emporte ensuite. Certaines formules sont dites lavantes et remplacent le shampoing ce jour-là. D'autres, aux acides, demandent un temps de pose précis avant rinçage. Le plus simple est de suivre la notice du produit. Évitez en revanche d'enchaîner gommage et shampoing clarifiant le même jour, ce qui décape inutilement.
Un gommage aux acides est-il possible pendant la grossesse ?
La prudence s'impose avec l'acide salicylique. Il peut traverser la peau, et la fiche de référence de DermNet invite à en parler à son médecin en cas de grossesse ou d'allaitement. Un gommage à grains fins ou une formule enzymatique sans huiles essentielles pose en général moins de questions. Dans tous les cas, montrez l'étiquette à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien avant de l'utiliser. Ils jugeront selon votre situation.
Peut-on gommer après une coloration ou un lissage ?
Mieux vaut laisser quelques jours entre une prestation chimique et un gommage. Colorations, décolorations et lissages sollicitent déjà le cuir chevelu. Un exfoliant ajouté juste avant ou juste après augmente le risque de picotements et d'irritation. Si vous avez un rendez-vous chez le coiffeur coloriste, prévenez-le que vous utilisez un gommage. Il adaptera le calendrier à votre peau.
Faut-il protéger un cuir chevelu dégarni après un gommage ?
Oui. Un cuir chevelu peu couvert, ou rasé, reçoit directement les UV. Après une exfoliation, surtout avec certains acides, la peau peut être plus sensible au soleil. L'Académie américaine de dermatologie rappelle d'ailleurs qu'un coup de soleil sur le cuir chevelu peut aggraver les pellicules. Le jour d'un gommage et les suivants, portez un chapeau ou appliquez une protection solaire adaptée au cuir chevelu, en spray ou en poudre.
Peut-on masser son cuir chevelu après une greffe ?
Pas dans les premières semaines, et jamais sans l'accord de l'équipe médicale. Le massage du cuir chevelu crée la même friction qu'un gommage sur des greffons encore fragiles. Les premiers lavages se font par tapotements très légers, selon un protocole remis après l'intervention. La reprise des gestes habituels, massage compris, se fait par étapes. Notre liste des interdictions après une greffe de cheveux détaille ce calendrier.
Un cuir chevelu sain se gère, il ne se décape pas
Le gommage du cuir chevelu est un soin de confort. Il retire des résidus, allège une racine grasse et décolle quelques pellicules légères. Utilisé doucement, sans excès, avec une formule adaptée, il a sa place dans une routine.
Checklist
Cinq vérifications avant votre prochain gommage
- Mon cuir chevelu ne présente ni plaques rouges, ni squames épaisses, ni démangeaisons fortes.
- Ma formule est adaptée à ma peau : grains fins, acide salicylique ou enzymes.
- Je masse du bout des doigts, sans les ongles, une à deux minutes.
- J'espace les séances d'au moins une semaine, davantage au moindre tiraillement.
- Si mes cheveux s'affinent, si je suis sous traitement ou si je sors d'une greffe, je demande d'abord un avis médical.
Il ne traite ni une alopécie, ni une dermatite séborrhéique, ni un psoriasis. Si vos cheveux s'affinent, la vraie question n'est pas de savoir quel gommage choisir. C'est de comprendre pourquoi vous perdez vos cheveux. Notre guide des solutions anti-chute vous aide à trier ce qui a fait ses preuves.
Pour aller plus loin
Et bien sûr, si vous souhaitez aller plus loin dans votre projet capillaire, rendez-vous sur le site de la Maison Marignan.
Les informations publiées dans cet article ne remplacent pas une consultation médicale. Au moindre doute sur l'état de votre cuir chevelu, un dermatologue reste le bon interlocuteur.
Sources
- Assurance Maladie , dermatite séborrhéique de l'adulte
- Manuel MSD , dermite séborrhéique, diagnostic et traitement
- Dermato-Info, Société Française de Dermatologie , les pellicules
- American Academy of Dermatology , comment traiter les pellicules
- Borda et Wikramanayake , Seborrheic Dermatitis and Dandruff, revue de la littérature
- Punyani et al. , fréquence des shampoings et état du cuir chevelu
- Davis et al. , soins antioxydants du cuir chevelu et chute de cheveux, essai contre placebo
- Cochrane , traitements topiques contre le psoriasis du cuir chevelu
- DermNet , l'acide salicylique en dermatologie
- American Academy of Dermatology , la chute de cheveux héréditaire, forme la plus fréquente
