Guide cuir chevelu
Un cuir chevelu qui se renouvelle trop vite, ça se calme avec la bonne méthode.
Un pull noir, une épaule effleurée du bout des doigts, et cette fine neige blanche qui réapparaît. Vous avez changé de shampoing deux fois ce mois-ci. Rien n'y fait. Et depuis peu, une autre question vous trotte dans la tête : et si ces pellicules annonçaient aussi une chute de cheveux ? L'inquiétude est fréquente, et elle mérite une réponse nette.
Bonne nouvelle, les pellicules sont bénignes, très répandues, et elles se contrôlent bien quand on sait les reconnaître. Encore faut-il savoir lesquelles vous avez, d'où elles viennent et ce qui les calme vraiment. Ce guide trie le vrai du faux, explique leur lien réel avec la chute et vous dit quand passer la main à un médecin.
Vous perdez aussi des cheveux en ce moment ? Avant d'accuser vos pellicules, identifiez d'abord les causes possibles de votre chute
L'essentiel en 30 secondes
- Bénignes et fréquentesGênantes au quotidien, mais sans gravité.
- Deux famillesSèches et volatiles, ou grasses et collantes.
- Aucun lien prouvé avec la calvitieMais un cuir chevelu enflammé mérite d'être soigné.
1 sur 2
personnes concernées en France
28 jours
pour un renouvellement normal du cuir chevelu
4 semaines
de traitement avant de juger le résultat
Pellicules sèches ou grasses, comment savoir ce que vous avez ?
À retenir
- Squames fines et volatiles sur un cuir chevelu sec : le profil sec.
- Squames jaunes et collantes avec démangeaisons : souvent une dermite séborrhéique.
- Lentes, gaines, psoriasis ou teigne peuvent se faire passer pour des pellicules.
Une pellicule n'est rien d'autre qu'un petit amas de cellules mortes du cuir chevelu. Ces cellules se détachent normalement une à une, de façon invisible. Quand elles partent en paquets, elles deviennent visibles. C'est tout.
Derrière ce mécanisme commun se cachent pourtant deux situations assez différentes. Les confondre, c'est souvent choisir le mauvais produit et conclure trop vite que « rien ne marche ».

Les pellicules sèches
Elles sont fines, blanches, légères. Elles tombent sur les épaules comme une poussière dès que vous passez la main dans vos cheveux. Le cuir chevelu, lui, paraît sec, parfois tiraillé, mais rarement rouge.
Elles apparaissent volontiers en hiver, avec le chauffage, l'air conditionné ou après un shampoing trop décapant. Elles traduisent surtout un cuir chevelu asséché ou irrité.
Les pellicules grasses
Plus épaisses, jaunâtres, elles collent au cuir chevelu et aux cheveux au lieu de tomber. Elles s'accompagnent souvent de démangeaisons et de rougeurs, sur un cuir chevelu qui regraisse vite.
Dans la plupart des cas, elles correspondent à une dermite séborrhéique du cuir chevelu, la forme la plus inflammatoire de l'état pelliculaire. Elle peut déborder sur les sourcils, les ailes du nez ou derrière les oreilles.
Une personne qui nous écrivait après trois shampoings « cheveux secs » successifs résume bien le piège. Ses squames étaient jaunes et collantes, son cuir chevelu gras. Elle nourrissait un terrain qui avait besoin de l'inverse. Le changement de produit a suffi à faire bouger les choses.
Ce qui ressemble à des pellicules sans en être
Certaines affections du cuir chevelu imitent les pellicules. Elles relèvent d'un autre diagnostic et d'une autre prise en charge. Le tableau ci-dessous aide à faire un premier tri, sans remplacer l'œil d'un médecin.
Six aspects, six pistes à ne pas confondre
PelliculesAutre diagnostic à écarter
Ce que vous voyez
Fines squames blanches qui tombent facilement
Pellicules sèchesLe détail qui distingueCuir chevelu sec, peu ou pas rouge
Ce que vous voyez
Squames jaunes, grasses, collées, avec démangeaisons
Pellicules grasses, dermite séborrhéiqueLe détail qui distingueRougeurs possibles, extension au visage
Ce que vous voyez
Points blancs fixés sur le cheveu, impossibles à décrocher
Lentes de pouxLe détail qui distingueNe glissent pas, adhèrent fermement à la tige
Ce que vous voyez
Petits manchons blancs qui coulissent le long du cheveu
Gaines coulissantesLe détail qui distingueMobiles, parfois liées à des coiffures serrées
Ce que vous voyez
Plaques épaisses, bien délimitées, squames argentées
Psoriasis du cuir cheveluAdhérence : critère peu utile ici
Le détail qui distingueSouvent d'autres plaques sur le corps
Ce que vous voyez
Zones de cheveux cassés, plaques squameuses chez un enfant
Teigne du cuir cheveluAdhérence : critère peu utile ici
Le détail qui distingueInfection fongique à traiter rapidement
Ces distinctions reprennent celles de la fiche patient de la Société Française de Dermatologie. Le dermatologue peut s'aider d'un dermatoscope, une loupe éclairée qui grossit au moins dix fois, pour trancher en quelques secondes.
D'où viennent les pellicules ?
À retenir
- Les cellules montent trop vite et sortent en paquets visibles.
- Une levure banale, le sébum et votre propre réaction font le reste.
- Stress, froid et produits agressifs relancent les poussées.
Si vous avez des pellicules, vous êtes loin d'être une exception. Le phénomène est si banal qu'il touche, à un moment ou un autre, une bonne partie de la population.
1 sur 2
personnes touchées par les pellicules en France
D'après la Société Française de Dermatologie (fiche patient « Tout savoir sur les pellicules », 2025), les pellicules touchent une personne sur deux en France. Le même document souligne qu'elles restent bénignes, mais peuvent peser lourd sur la qualité de vie et l'estime de soi. Autrement dit, c'est fréquent, et c'est normal que cela vous gêne.
Un renouvellement de la peau qui s'emballe
En temps normal, les cellules de l'épiderme du cuir chevelu se renouvellent en environ 28 jours. Elles ont le temps de mûrir, de se désolidariser, puis de partir discrètement.
Quand ce cycle s'accélère, elles arrivent en surface trop vite et collées entre elles. Ce sont ces amas que vous voyez. La barrière cutanée se fragilise au passage, ce qui rend le cuir chevelu plus sensible aux irritants.
Schéma
La fabrication d'une pellicule, en deux vitesses
Rythme normal
Environ 28 jours de maturation. Les cellules se séparent et quittent la surface une à une, sans se voir.
Rythme accéléré
Les cellules arrivent trop tôt, encore soudées. Elles sortent en paquets : ce sont les squames visibles.
Ce qui accélère la machine sur un cuir chevelu gras
- SébumPlus abondant sous l'effet des androgènes
- MalasseziaUne levure normale qui s'en nourrit
- Acides grasLibérés par la levure, irritants
- InflammationChez les personnes prédisposées
- Desquamation accéléréeLes squames deviennent visibles
Schéma pédagogique. Seul le repère de 28 jours est une durée chiffrée.
Malassezia, le locataire naturel du cuir chevelu
Pour les pellicules grasses, un acteur revient systématiquement : Malassezia, une levure qui vit naturellement sur la peau de tout le monde. Elle se nourrit des graisses du sébum.
En les digérant, elle libère des acides gras irritants. Chez les personnes prédisposées, cela déclenche une petite inflammation qui accélère la desquamation. Plus l'état pelliculaire est sévère, plus on retrouve de Malassezia à la surface.
Ce n'est donc pas une « infection » au sens où on l'imagine. C'est un déséquilibre entre une levure banale, le sébum et la réaction propre à chaque cuir chevelu.
Le sébum et les hormones
La production de sébum augmente sous l'effet des androgènes, présents chez les deux sexes mais plus abondants chez l'homme. Cela explique pourquoi les pellicules grasses démarrent souvent à la puberté et touchent davantage les hommes.
La revue de Borda et Wikramanayake, publiée en 2015, décrit un pic vers 20 ans, puis des pellicules moins fréquentes après 50 ans.
Les facteurs qui déclenchent ou aggravent
Plusieurs éléments expliquent qu'on ait des pellicules à certaines périodes et pas à d'autres :
- le stress et la fatigue, qui favorisent les poussées ;
- le froid, l'air sec et le manque d'ensoleillement, d'où les hivers plus difficiles ;
- la pollution et une eau très calcaire, qui irritent un cuir chevelu déjà fragile ;
- des shampoings trop décapants ou parfumés, et un coiffage agressif répété ;
- certaines maladies, comme la maladie de Parkinson, ou une baisse des défenses immunitaires ;
- certains médicaments, notamment les neuroleptiques.
Pellicules et dermite séborrhéique, même famille, intensités différentes
Les dermatologues décrivent aujourd'hui pellicules et dermite séborrhéique comme deux degrés d'un même continuum. Les pellicules simples restent limitées au cuir chevelu, sans inflammation visible. La dermite séborrhéique ajoute rougeurs et démangeaisons, et peut toucher le visage.
4,38 %
prévalence mondiale estimée de la dermite séborrhéique diagnostiquée
5,64 %
chez l'adulte
121
études réunies, plus d'un million de personnes
Cette forme inflammatoire est nettement moins répandue que les pellicules simples. D'après Polaskey et ses collègues (The Global Prevalence of Seborrheic Dermatitis, JAMA Dermatology, 2024), la prévalence mondiale de la dermite séborrhéique diagnostiquée est estimée à 4,38 %. Chez l'adulte, le chiffre monte à 5,64 %. Ces chiffres reposent sur 121 études et plus d'un million de personnes. Si vos pellicules s'accompagnent de rougeurs franches, vous faites donc partie d'un groupe plus restreint, qui gagne à être suivi.
Source : JAMA Dermatology, via PubMed
Les pellicules font-elles tomber les cheveux ?
À retenir
- Aucune preuve que les pellicules simples causent une calvitie.
- Grattage et dermite marquée peuvent malmener les cheveux.
- Antifongiques et calvitie : des pistes, pas encore un traitement.
C'est la question qui inquiète le plus, et elle mérite une réponse en deux temps. Non, rien ne montre que les pellicules simples provoquent une calvitie. Mais un cuir chevelu durablement enflammé n'offre pas le meilleur terrain à vos cheveux.
Ce que les pellicules ne font pas
Contrairement à une idée tenace, rien n'indique qu'elles « étouffent » la racine. Aucune donnée ne montre non plus qu'elles déclenchent l'alopécie androgénétique, dont l'origine reste génétique et hormonale. Traiter vos pellicules ne fera pas repousser une ligne frontale qui recule.
Le raccourci vient d'une coïncidence fréquente. Pellicules grasses et calvitie masculine ont un point commun : les androgènes, qui stimulent aussi la production de sébum. Les deux arrivent donc souvent ensemble, chez les mêmes personnes, sans que l'une cause l'autre.
Dans les messages qu'on reçoit sur la chute, les pellicules reviennent souvent comme premier suspect. En reprenant la chronologie, le vrai sujet est presque toujours ailleurs. Une calvitie débutante, une chute réactionnelle après une grosse fatigue, ou une carence. Les pellicules sont visibles, la cause réelle l'est beaucoup moins.

Quand le cuir chevelu enflammé pèse sur les cheveux
Le tableau change avec une dermite séborrhéique marquée. Le grattage répété peut abîmer les cheveux. Dans ses formes sévères, avec croûtes épaisses, la revue de Borda et Wikramanayake mentionne même une perte de cheveux sur les zones atteintes. Calmer l'inflammation devient alors une priorité.
Une autre piste de recherche s'intéresse au stress oxydatif. D'après une revue de Trüeb et ses collègues (Scalp Condition Impacts Hair Growth and Retention via Oxidative Stress, 2018), les cuirs chevelus pelliculaires portent des marqueurs de stress oxydatif. Ce stress pourrait fragiliser le cheveu avant même sa sortie. Prudence toutefois, cette revue a été conduite en partie par des chercheurs d'un fabricant de shampoings antipelliculaires. L'idée générale reste raisonnable : un cuir chevelu calme produit des cheveux en meilleur état.
Source : International Journal of Trichology, via PubMed Central
Même terrain, deux histoires séparées
Pourquoi pellicules grasses et calvitie arrivent souvent ensemble sans être liées par une relation de cause.
Malassezia profite du sébum, le cuir chevelu desquame trop vite. Cela se traite et se contrôle.
Origine génétique et hormonale, miniaturisation des follicules. Un shampoing ne suffit pas à la traiter.
Ce qui peut vraiment peser sur les cheveux
- Le grattage répété, qui peut abîmer les cheveux.
- Une dermite séborrhéique sévère avec croûtes épaisses, décrite avec une perte de cheveux sur les zones atteintes.
- Un cuir chevelu durablement enflammé, piste étudiée sous l'angle du stress oxydatif.
Le kétoconazole, un antifongique qui intrigue les chercheurs
Une étude belge publiée en 1998 dans la revue Dermatology a comparé un shampoing au kétoconazole à 2 % avec un shampoing neutre chez des hommes atteints de calvitie. Les auteurs ont observé une densité capillaire améliorée, proche de celle obtenue avec le minoxidil à 2 % dans leur échantillon.
Ce résultat est souvent repris sur les forums, rarement avec ses limites. L'étude portait sur un petit groupe, elle est ancienne, et ses auteurs eux-mêmes appelaient à des essais plus larges. Le kétoconazole n'est pas un traitement reconnu de la calvitie. C'est au mieux un complément à discuter avec un dermatologue.
Le cas du minoxidil qui gratte
Un cas revient régulièrement : un homme commence une lotion anti-chute et voit apparaître des squames quelques semaines plus tard. Il pense à des pellicules et envisage d'arrêter. Il peut aussi s'agir d'une irritation liée à la lotion elle-même. La notice d'Alopexy 2 % cite la desquamation et les démangeaisons parmi ses effets fréquents au site d'application.
Arrêter seul un traitement efficace serait dommage. Mieux vaut en parler à votre médecin ou à votre pharmacien, qui pourra adapter le traitement. Les avantages et les contraintes du produit sont détaillés dans notre dossier minoxidil, pour ou contre.
Vos pellicules sont sous contrôle mais la chute continue ?
Découvrez les traitements de la chute de cheveux et ce qu'on peut en attendreComment se débarrasser des pellicules durablement
À retenir
- Une poussée se calme, puis un rythme léger la tient à distance.
- Lisez la liste des actifs, pas la promesse du flacon.
- Les formes sévères relèvent d'un médicament prescrit.
Commençons par une vérité que les flacons taisent souvent. Les traitements des pellicules sont efficaces, mais ils sont dits « suspensifs ». Ils contrôlent les symptômes sans supprimer définitivement leur cause. L'objectif réaliste n'est donc pas la guérison, c'est un cuir chevelu stable avec une routine simple.
Le principe, une phase d'attaque puis une phase d'entretien
La logique recommandée par les dermatologues tient en deux temps. On calme d'abord la poussée avec un traitement intensif sur quelques semaines. Puis on espace les applications pour éviter le retour des squames.
Pour les formes légères à modérées, la Société Française de Dermatologie décrit un rythme précis. Un shampoing antipelliculaire deux à trois fois par semaine, pendant deux à quatre semaines. Le temps de pose compte autant que la fréquence : trois à cinq minutes avant rinçage. Vient ensuite une application par semaine ou tous les quinze jours, en alternance avec un shampoing doux.
Les actifs qui ont fait leurs preuves
Retournez le flacon et cherchez les actifs plutôt que les promesses. Les plus documentés agissent sur trois fronts : ils freinent Malassezia, ralentissent la multiplication des cellules et calment l'inflammation.
- Piroctone olamine : antifongique, disponible sans ordonnance.
- Sulfure de sélénium : freine à la fois la levure et le renouvellement trop rapide des cellules.
- Acide salicylique : aide à décoller les squames épaisses, utile sur les pellicules grasses.
- Ciclopirox olamine : antifongique utilisé dans certains shampoings, notamment sur prescription.
Un actif a disparu des cosmétiques européens. Le zinc pyrithione, longtemps star des shampoings antipelliculaires, est interdit dans les cosmétiques de l'Union européenne depuis le 1er mars 2022. Le règlement (UE) 2021/1902 l'a classé parmi les substances toxiques pour la reproduction. Si vous en trouvez dans un produit acheté hors de l'Union, demandez conseil à votre pharmacien avant usage.
Calendrier type, formes légères à modérées
Huit semaines pour reprendre la main
3 à 5 min
1 min5 min
Phase d'attaque2 à 3 shampoings par semaine
Phase d'entretien1 par semaine ou tous les 15 jours
Point d'étapeAprès un mois de traitement
Repères issus de la fiche patient de la Société Française de Dermatologie. Une prescription médicale peut fixer un autre rythme.
Pellicules sèches, la douceur avant tout
Ici, la priorité est d'arrêter d'agresser le cuir chevelu. Un shampoing doux, au pH proche de celui de la peau, sans sulfates agressifs ni parfums forts, suffit souvent. Lavez à l'eau tiède plutôt que chaude, et baissez la température du sèche-cheveux.
Un soin hydratant pour le cuir chevelu peut apaiser la sensation de tiraillement. Si un shampoing antipelliculaire classique vous dessèche, réduisez sa fréquence plutôt que de l'abandonner.
Pellicules grasses et dermite séborrhéique, l'échelon médical
Quand les squames sont abondantes ou que les rougeurs s'installent, le médecin peut prescrire un shampoing ou un gel médicamenteux. Le kétoconazole à 2 % et le ciclopirox olamine en sont les deux exemples cités par la Société Française de Dermatologie.
2
applications par semaine le premier mois
1
application par semaine ou par quinzaine en entretien
30 %
de remboursement, sur ordonnance uniquement
Ces produits relèvent bien du médicament, pas de la cosmétique. D'après la Base de données publique des médicaments (fiche Ketoderm 2 %, 2026), ce gel au kétoconazole est indiqué dans la dermite séborrhéique de l'adulte et de l'adolescent. Il est délivré uniquement sur ordonnance et remboursé à 30 %. La fiche décrit deux applications par semaine le premier mois, puis une application par semaine ou par quinzaine en entretien. Votre médecin reste le seul à adapter ce rythme à votre situation.
Dans les formes très inflammatoires, le dermatologue peut ajouter brièvement une lotion ou une crème à base de corticoïde. Un usage prolongé n'est pas recommandé, en raison du risque d'effets secondaires. On ne s'auto-prescrit donc jamais ce type de produit au long cours.
Trois réflexes à appliquer dès ce soir
- Identifiez votre type de pellicules avant d'acheter quoi que ce soit : sèches et volatiles, ou grasses et collantes. Ce seul tri oriente tout le reste.
- Laissez poser le shampoing traitant au moins trois minutes, en massant doucement du bout des doigts, sans les ongles.
- Notez une date dans votre agenda, quatre semaines plus tard, pour juger le résultat. Pas avant.
Les erreurs qui entretiennent les pellicules
À retenir
- Frotter fort nourrit l'inflammation au lieu de l'éteindre.
- Sans entretien, une poussée calmée revient vite.
- Un actif, quatre semaines, puis un vrai bilan.
Beaucoup de pellicules « résistantes » ne le sont pas vraiment. Elles sont entretenues par des gestes bien intentionnés, mais contre-productifs. Trois erreurs reviennent très souvent.
Le piège, puis le bon réflexe
Frotter, gratter, brosser fort, empiler les purifiants.
Un geste doux, sans les ongles, qui ménage la barrière cutanée.
Le cuir chevelu est net après trois semaines, on arrête tout.
Une application espacée, régulière, pour tenir la récidive à distance.
Un nouveau flacon tous les quinze jours, de nouveaux irritants à chaque fois.
Puis un bilan honnête, et un avis médical si rien n'a bougé.
Erreur n°1 : décaper pour « assainir »
Face aux squames, le réflexe est de frotter fort, de multiplier les produits purifiants, de gratter pour « nettoyer ». Résultat : la barrière cutanée s'abîme davantage, l'inflammation s'entretient, et les pellicules reviennent plus vite.
Ce cas revient régulièrement dans les questions qu'on reçoit. Un lecteur brossait son cuir chevelu chaque matin pour « faire tomber les peaux mortes ». Les squames repartaient de plus belle à chaque fois. Il a suffi d'arrêter le brossage énergique pour voir une nette différence en quelques semaines.
Erreur n°2 : arrêter dès que ça va mieux
C'est l'erreur la plus contre-intuitive. Le cuir chevelu redevient net après trois semaines, on range le flacon. Un mois plus tard, tout recommence, et on conclut que le produit « ne marche plus ».
En réalité, il a parfaitement fonctionné. C'est la phase d'entretien qui a manqué. Puisque le traitement est suspensif, une application régulière, même espacée, reste le meilleur rempart contre la récidive.
Erreur n°3 : changer de shampoing tous les quinze jours
Zapper d'un produit à l'autre empêche de savoir ce qui fonctionne. Chaque nouveau flacon arrive avec ses parfums, ses tensioactifs, ses irritants potentiels. Le cuir chevelu n'a jamais le temps de se stabiliser.
Mieux vaut tenir quatre semaines avec un seul actif bien choisi, bien utilisé. C'est aussi le conseil des dermatologues. Si rien ne bouge après un mois de traitement bien conduit, on consulte, on ne change pas d'étagère.
Cette logique de patience vaut pour tous les soins capillaires. Notre dossier sur le shampoing anti-chute et ce qu'il peut réellement faire montre le même écart entre promesse et biologie.
Quand consulter un médecin
À retenir
- Un mois sans progrès justifie un avis médical.
- Des squames chez l'enfant font penser à une teigne.
- Avant une greffe, signalez tout cuir chevelu enflammé.
La plupart des pellicules se gèrent avec des produits de pharmacie et un peu de méthode. Certains signaux doivent pourtant vous orienter vers un médecin généraliste ou un dermatologue, sans attendre.
Les signaux qui justifient un avis
- aucune amélioration après un mois de traitement antipelliculaire bien conduit ;
- des rougeurs importantes, des croûtes épaisses ou des démangeaisons intenses ;
- des plaques bien délimitées, épaisses, ou d'autres lésions sur le corps ;
- des zones où les cheveux se cassent ou disparaissent, surtout chez un enfant ;
- une extension au visage, aux sourcils ou derrière les oreilles ;
- une forme étendue, sévère ou qui résiste aux traitements habituels.

Chez l'enfant, des squames sur le cuir chevelu doivent faire penser à une teigne, une infection fongique qui se traite rapidement et spécifiquement. De même, une chute en plaques nettes, sans squames, oriente plutôt vers une pelade, qui relève d'un tout autre mécanisme.
Trois étapes avant de décider de consulter
Sèches ou grasses, avec ou sans rougeurs, limitées au crâne ou non.
Un actif adapté, le bon temps de pose, un rythme tenu.
Mieux : on passe en entretien. Pareil ou pire : on consulte.
Sans attendre le point d'étape
- Squames chez un enfant
- Croûtes épaisses
- Plaques bien délimitées
- Cheveux qui cassent
- Projet de greffe
Ce que fait le médecin
Dans l'immense majorité des cas, le diagnostic repose sur un simple examen du cuir chevelu. Le médecin observe la couleur des squames, leur adhérence, les rougeurs. Aucun examen complémentaire n'est en général nécessaire.
Ce n'est qu'en cas de doute persistant qu'une biopsie cutanée peut être proposée. L'enjeu principal est d'écarter un psoriasis, une teigne ou une autre dermatose qui imiterait de simples pellicules.
Pellicules et projet de greffe de cheveux
Une situation mérite une attention particulière. Si vous envisagez une greffe capillaire, un cuir chevelu enflammé n'est pas un détail. Signalez-le dès la consultation : c'est au praticien de juger s'il faut d'abord le traiter.
Une personne qui préparait sa greffe nous racontait avoir caché ses rougeurs pendant la consultation, de peur qu'on refuse de l'opérer. C'est l'inverse qu'il fallait faire. Le praticien a simplement décalé la date, le temps de calmer le cuir chevelu. La façon de préparer son cuir chevelu avant une greffe fait partie intégrante du projet.
Des pellicules sous contrôle, un cuir chevelu enfin tranquille
Les pellicules sont bénignes, et rien ne montre qu'elles condamnent vos cheveux. Elles signalent un cuir chevelu qui se renouvelle trop vite, souvent sous l'effet d'une levure banale et du sébum. Bien identifiées, elles se contrôlent très bien.
Votre checklist cuir chevelu
5 vérifications
- J'ai identifié mes pellicules : sèches ou grasses.
- Mon shampoing contient un actif documenté.
- Je le laisse poser trois à cinq minutes.
- Je garde un rythme d'entretien après la poussée.
- Je consulte si rien ne bouge après un mois, et j'en parle avant une greffe.
Le vrai levier tient en trois mots : le bon actif, le bon temps de pose, un entretien régulier. Et si une chute s'invite en parallèle, cherchez sa cause propre plutôt que de tout mettre sur le compte des pellicules. Pour vous y retrouver parmi les options, notre point sur les traitements de la chute qui fonctionnent vraiment fait le tri sans promesse magique.
Pour aller plus loin
Et bien sûr, si vous souhaitez aller plus loin dans votre projet capillaire, rendez-vous sur le site de la Maison Marignan.
Vos questions les plus fréquentes sur les pellicules cheveux
Une question qui n'est pas ici ?
Chaque cuir chevelu réagit à sa façon. Un examen par un médecin reste le moyen le plus sûr de mettre un nom sur vos squames.
Les pellicules sont-elles contagieuses ?
Non. Les pellicules ne se transmettent ni par une brosse, ni par un oreiller, ni par un bonnet partagé. La levure Malassezia vit déjà sur la peau de chacun. Ce qui fait la différence, c'est la façon dont votre propre cuir chevelu y réagit, selon votre sébum, votre terrain et les facteurs du moment. Partager ses accessoires reste toutefois déconseillé pour une autre raison : les poux et la teigne, eux, se transmettent bel et bien.
Faut-il laver ses cheveux plus souvent avec des pellicules ?
Pas forcément plus, mais suffisamment. Des lavages trop espacés laissent le sébum s'accumuler, ce qui nourrit Malassezia. Le Manuel MSD recommande au moins deux shampoings par semaine en cas de dermite séborrhéique. Un lavage quotidien avec un shampoing doux reste possible si votre cuir chevelu le tolère. L'essentiel est de réserver le produit traitant aux jours prévus et d'utiliser un soin neutre les autres jours.
Les remèdes naturels contre les pellicules sont-ils efficaces ?
Les preuves restent minces pour la plupart d'entre eux. Le vinaigre ou le bicarbonate ne figurent pas parmi les traitements recommandés par la Société Française de Dermatologie. Les huiles posent un problème particulier : appliquées sur des pellicules grasses, elles créent un milieu occlusif qui favorise la dermite séborrhéique. Si vous tenez à une approche plus naturelle, parlez-en à votre pharmacien, qui vous orientera vers une formule douce sans aggraver le terrain.
Peut-on faire une coloration avec des pellicules ?
Mieux vaut patienter pendant une poussée. Les colorations à base d'ammoniaque font partie des produits irritants que les dermatologues conseillent d'éviter quand le cuir chevelu est enflammé. Attendez que les rougeurs et les démangeaisons se soient calmées sous traitement. Prévenez aussi votre coiffeur, qui pourra adapter le produit ou protéger le cuir chevelu. Une coloration sur une peau irritée risque surtout de relancer la poussée.
Pellicules dans la barbe ou les sourcils, est-ce pareil ?
Oui, dans la grande majorité des cas, le mécanisme est le même. Les zones riches en glandes sébacées, comme la barbe, les sourcils ou les ailes du nez, offrent le même terrain à Malassezia. On parle alors souvent de dermite séborrhéique du visage. Le Manuel MSD précise que la barbe et les sourcils se traitent comme le cuir chevelu. Un avis médical reste utile si les rougeurs persistent.
Un shampoing antipelliculaire peut-il abîmer les cheveux ?
Il peut les dessécher, surtout s'il est utilisé trop souvent ou sur des longueurs déjà sèches. La parade est simple : appliquez-le surtout sur le cuir chevelu, et faites suivre d'un après-shampoing sur les longueurs. Certains médicaments au kétoconazole mentionnent aussi, peu fréquemment, une texture de cheveux modifiée. En cas de gêne persistante, parlez-en à votre pharmacien plutôt que d'arrêter brutalement le traitement antipelliculaire.
Les informations présentées sont à caractère général et ne remplacent pas un avis médical personnalisé. Avant tout traitement contre la chute ou toute greffe capillaire, consultez un médecin qui évaluera votre situation.
Sources
- Société Française de Dermatologie, Dermato-Info , fiche patient « Tout savoir sur les pellicules »
- Ameli , dermatite séborrhéique de l'adulte, symptômes et traitement
- Manuel MSD , dermite séborrhéique, diagnostic et traitement
- JAMA Dermatology , prévalence mondiale de la dermite séborrhéique, méta-analyse
- Journal of Clinical and Investigative Dermatology , revue sur la dermite séborrhéique et les pellicules
- International Journal of Trichology , état du cuir chevelu, stress oxydatif et pousse des cheveux
- Dermatology , shampoing au kétoconazole et alopécie androgénétique
- Base de données publique des médicaments , fiche Ketoderm 2 %, gel en sachet
- CIRS , interdiction du zinc pyrithione dans les cosmétiques de l'Union européenne
- ANSM , notice d'Alopexy 2 %, solution pour application cutanée (minoxidil)
